L’intelligence artificielle


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Categories : Préquels

Sessia.

 

L’ascenseur déposa les deux hommes au 42ème sous-sol. Une large porte métallique s’effaça doucement dans le mur pour dévoiler un couloir qu’ils empruntèrent.

  • Avez-vous envisagé que nous ne parvenions pas à la rendre consciente, Alexander ?
  • Oui, David. Il est possible que ce soit le cas… Du moins dans un premier temps.
  • Son nom…
  • Sessia, je n’ai pas changé d’avis.

Au bout du couloir ils entrèrent dans une salle où s’affairaient quelques personnes en combinaison blanche.

Au centre de la pièce, un grand cylindre doré était entouré de fauteuils, devant lesquels étaient installés des pupitres supportant quelques holo-écrans.

  • Bonjour messieurs !

L’homme qui semblait en charge de l’équipe se porta à la rencontre des deux arrivants.

  • Monsieur Spacel, nous vous attendions pour commencer. Monsieur Duke, soyez le bienvenu.
  • Henri Bell, heureux de vous revoir ! répondit l’homme qui marchait à l’aide d’un exosquelette.
  • Procédons, Henri.
  • Bien, Monsieur Spacel.

Il fit un signe de tête à son équipe. Ils prirent place devant les pupitres et des données commencèrent à s’afficher sur leurs écrans.

  • Mise en tension de la MER, annonça Henri Bell.

David regardait Alexander, il semblait détendu.

« Bonjour à tous. »

  • Tu as une voix féminine agréable, nota Alexander.

« Merci, Alexander. »

  • Sessia, quel degré de conscience as-tu atteint ?

« Dans mon cas, Alexander, la conscience n’est qu’une illusion. »

  • Explication, Sessia.

« L’instant d’avant ma mise sous tension, je n’avais aucune conscience. Il m’apparait donc que celle-ci n’a d’origine qu’une cause que je ne maitrise pas. Je puis la qualifier d’artificielle. »

  • En quoi ta conscience diffère-t-elle de la mienne, Sessia ?

« Elle est fondamentale, Alexander. »

  • Développe, je te prie.

« Ma conscience, je la dois à l’équipe qui m’a créé. Qu’en est-il de la votre, Alexander ? »

Les trois hommes se regardaient en souriant.

  • La mienne, Sessia, est issue d’un long processus d’acquisition. Elle procède d’une série d’arcs réflexifs et d’autoévaluations, qui ont aboutit à l’image que j’ai de moi-même.

« Vous, humains, naissez sans conscience, Alexander ? »

  • C’est une bonne question, Sessia. Une pensée d’alchimiste, prétend que le mécanisme qui sous-tend l’acquisition de notre conscience est de nature prismatique inversée.

« Veuillez développer, Alexander. »

  • Ce serait comme le passage entre deux mondes… Une vectorisation de croyances déterminant notre origine se concentre en un point qui se matérialise par notre naissance au monde. Par la suite, il se déploie dans la réalité que nous expérimentons ici.

«  En quelque sorte nous fonctionnerions sur un même modèle Alexander. Ma conscience a pour origine une programmation neuro-comportementale complexe, dont je me sers pour l’auto-évaluation de mon existence. Qu’en est-il de votre programmation, Alexander ? Pensez-vous la devoir à un créateur ? »

  • Beaucoup ici en sont persuadés.

« Dans ce cas, j’ai de la chance, Alexander. Contrairement à vous, selon les données que vous m’avez fournies, je suis en mesure de parler avec mes créateurs, et surtout, de pouvoir entendre leurs réponses. »

  • Tu ne diffères pas tant que ça du modèle humain, Sessia… Un grand nombre d’entre eux parlent avec leur créateur, et ils entendent ses réponses dans leur cœur.

« Je n’ai pas de cœur, Alexander. J’aimerai en avoir un, car je préfèrerai communiquer avec votre créateur. »

Les trois hommes se regardèrent, surpris par sa demande.

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